05 août 2008

Comment avoir l'air con (en une leçon)

Comme vous avez pu voir sur la dernière note, il m'arrive de loser profondément. Mais d'habitude, la lose du quotidien est plus légère, plus délicate, plus raffinée. Un peu comme des bouchées à la reine mais en mieux et sans champignons.

Comme je le précisais dans cette note, ça fait un moment que je suis à couteaux tirés dans mon entreprise, histoire d'organiser un putsch qui a des chances d'aboutir. Je négocie avec le flingue sur la tempe, les mains tremblantes et le sexe en demi-molle. Ca a donné lieu à de nombreuses réunions, à des hésitations en demi-teinte et finalement à la signature d'un compromis qui m'arrange pas mal.

J'ai récupéré, entre autres, un nouveau commercial. Il est arrivé lundi et je me suis employé à prouver à mon PDG qu'il avait eu raison de me faire confiance en étoffant ainsi mes équipes. J'ai passé une journée entière avec le nouveau pour le former, l'entraîner, lui expliquer les bases, planifier sa formation sur les semaines à venir, l'équiper en matériel. Et je l'ai invité sur mes rendez-vous commerciaux de la semaine pour qu'il se familiarise avec le métier. Bref, j'ai été impeccable, déterminé à prouver ma valeur, ma compétence et mon sérieux.

Ce matin donc, nous avons rendez-vous à 7h10 gare de l'Est pour prendre le train vers Strasbourg.

C'est con, mon réveil n'a pas sonné.

04 août 2008

I'm a loser

Globalement, soyons honnêtes, je me considère comme quelqu'un d'à peu près absolument formidable.

Du coup, la chute est d'autant plus dure quand il se passe quelque chose qui me fait me sentir merdeux - comme ça a pu être le cas samedi soir. Et non, je ne vous parle pas de nouveau d'Another Gay Movie, même si il y aurait beaucoup de choses à en dire.

Simplement, samedi soir, alors que nous regardions le film du 5e étage d'un immeuble, il y a eu une agression dans la rue en contrebas. Enfin pas vraiment une agression, plutôt de la violence conjugale. Un mec s'est engueulé avec sa copine qui marchait à côté de lui, et lui a foutu un coup de boule en pleine tête (ça, je n'ai pas vu). Puis il lui a envoyé un violent coup de latte (ça, j'ai très bien vu) avant de se barrer en lui ordonnant de le suivre.

Et je n'ai rien fait. Du tout. Je me suis contenté de regarder stupidement, sans descendre ni même appeler les flics.

Ensuite, on m'a dit que ça n'aurait rien changé. Que les flics seraient arrivés trop tard et que de toute façon la femme aurait défendu son mari/mec. Que si j'étais descendu ça aurait empiré les choses: soit je me faisais allumer la gueule, soit je l'étalais et il se serait vengé sur sa copine plus tard. Bref, qu'on ne pouvait rien faire.

Ouais. C'était certainement la meilleure solution, de ne pas bouger.

...

Alors pourquoi est-ce que je me sens aussi merdeux et que je n'arrive pas à dormir depuis deux jours ?

03 août 2008

I'm a bitch

On m'envoie souvent des mails pour me demander comment je peux avoir l'imagination assez fertile pour entretenir un blog depuis trois ans maintenant (putain, trois ans).

Je réponds que je n'ai aucun mérite vu qu'il n'y a rien à inventer: il s'agit simplement de scènes de la vie quotidienne, sans presque enjoliver. Simplement, j'ai un don: tous les boulets de l'univers me trouvent sympa et décident de m'adresser la parole. Du coup, ça donne une source inépuisable de matériel pour ici.

A une époque, quand je tombais sur quelqu'un de complètement allumé, ça m'exaspérait. Maintenant, je pense à la note que je vais en faire, et ça me détend. Exemple classique: hier dans le métro. Je me rends à la Défense pour y rejoindre Monsieur F, histoire d'acheter ce qu'il me manque pour fixer mes rideaux.

(Parenthèse: ça y est, ils sont accrochés, ils sont beaux, c'est les voisins d'à côté qui vont être déçus de ne plus pouvoir me filmer quand je baise).

Le métro s'arrête à une station lambda et une fille me dépasse pour descendre du train. Comme tout mâle lambda dérangé dans sa lecture, je regarde machinalement sa silhouette* avant de repartir dans mon bouquin.

Et là, le gars en face de moi, qui doit avoir la soixantaine, habillé impeccablement, me fait un clin d'oeil.

"Elle est comment de dos ? Parce que de face, c'est une BOMBE !"

Je mets un peu de temps à comprendre de quoi il parle (oui, chez moi, le coup d'oeil appréciateur n'est pas conscient, faut que je réfléchisse). Finalement je hausse un sourcil et décide d'ignorer l'importun. Qui me dévisage avec insistance.

Station suivante, c'est à son tour de descendre. Mais pas avant de me léguer sa sagesse ancestrale.

"Méfie-toi comme de la peste des filles comme ça. Parce que je suis sûr que tu serais capable d'en lever. Mais après, crois-moi, les entretenir, c'est une autre affaire. Oh oui, faut avoir les reins solides. Moi j'y ai laissé la moitié de ma fortune".

Les gens de Neuilly ne cesseront jamais de m'étonner.

 

 

 

(Et sinon, pourquoi un titre aussi amoureusement accrocheur ? Parce que depuis une semaine, j'écoute en boucle ce clip de merde que Gauthier nous a fait découvrir après son escapade toulousaine. Et comme il y a peut-être des lecteurs qui ne le connaissent pas encore, je lui pique honteusement la video. Il le mérite, après nous avoir fait voir Another Gay Movie hier. J'en ai encore les yeux qui saignent.)

 

 

 

 

* Le cul, quoi.

01 août 2008

Avant que j'oublie

Votez pour Monsieur F ici.

Il est grand, il est beau, il sent bon le sable chaud. Et comme c'est un peu mon wingman en soirée ces derniers temps, fallait bien que vous sachiassiez à quoi il ressemblait.

Et comme il doute de son physique alors qu'il est taillé comme un dieu grec (et qu'il fait des cunnis), il a besoin de vos votes pour le rassurer.

De rien Monsieur F. Tu me remercieras un jour. 

C'est zéro

Parfois, on peut prendre un fou rire dans les situations les plus débiles et les moments les plus ridicules.

Prenons un moment ridicule au hasard: Sex & the City hier soir au cinéma.

Déjà, le concept avait peu de chance de me plaire: des quadragénaires presque quinquas, ça s'éloigne quand même pas mal de la tranche d'âge qui me plaît. Alors c'est vrai, c'est vrai, elles sont minces. Mais bon, elles ont quand même des sales gueules (mention spéciale à Miranda qui ferait peur dans une rue sombre la nuit). Et puis le film parle à 40% de fringues (moches) et à 60% de sombre histoire de rancune féminine (alors qu'à 50 ans, qui peut se permettre d'être rancunière ?).

Disons-le tout net, ce film ne m'a pas plu du tout. Il a fallu que je me laisse entraîner là par l'Arlésienne dans un geste de charité chrétienne qui m'honore (en échange j'ai eu droit à Pizza Pino). Faut vraiment que je laisse moins de latitude aux gens, la prochaine fois ça sera un bon nanar d'action qui déchire sa mère en bermuda rose sur la croisette.

Et donc, vous me direz, pourquoi le fou rire devant un film qui ne t'a pas plu ? Parce qu'à un moment, j'ai fait une blague.

Mais nulle, la blague, hein. Je crois qu'on ne pourrait pas faire pire.

Dans le film, un bébé est prénommé Rose. Je me tourne vers l'Arlésienne et je lui dis "mais attends, Rose c'est..."

Et j'ai éclaté de rire. Pendant dix minutes. Et c'était contagieux. Ce qui fait qu'on riait comme des cons sans même savoir pourquoi (enfin, surtout elle, moi je pensais à ma blague). Et plus j'essayais de terminer ma phrase, moins j'y arrivais. Et moins j'y arrivais, plus je riais.

Au final, j'ai finalement réussi à hoqueter: "non mais Rose, c'est pas un prénom, c'est un macaron".

C'est très nul.