29 août 2008

Rediffusion 8 - Monter l'escalier

31 mars 2006

Monter l'escalier

"Le meilleur moment en amour, c'est quand on monte l'escalier".

Ce n'est pas moi qui le dit, mais Clémenceau. Avant d'être un porte-avions en ruine, c'était un excellent connaisseur de l'espèce humaine, on dirait.

Bon, pour ceux qui pensent que monter l'escalier est une métaphore pour une position sexuelle quelconque, je précise quand même qu'il parle du moment où on va rejoindre la fille - bref, tous les moments avant l'amour. Et je suis totalement d'accord avec lui.

Or, plus le temps passe, plus on mûrit, et moins ces moments durent. C'est atroce, je suis en pleine crise de déprime sur ce sujet.

Repensez à votre adolescence. Vous étiez jeunes et timides, et vous pouviez tourner autour d'une fille (ou d'un garçpn, pour les filles, ça marche aussi (ou d'une personne du même sexe, je ne suis pas sectaire d'ailleurs)) pendant des mois entiers. Le moindre sourire pouvait être interprété comme un signe dans un sens ou dans l'autre. On passait une nuit entière à analyser ses paroles en se demandant si elle a parlé inocemment ou pas. On s'imaginait les choses les plus incroyables. On essayait de planifier son emploi du temps en fonction de la personne en question. On cherchait à la croiser "par hasard". On chérissait ces moments volés où l'on avait l'impression de se rapprocher d'elle, de marquer des points. Le soir, on s'endormait avec un sourire heureux et des rêves plein les yeux.

On m'a demandé sur l'article précédent pourquoi j'aimais bien une série aussi mièvre que Kimagure Orange Road. La réponse est simple: parce que j'aime le mièvre, justement. Parce que ça me rappelle des souvenirs d'une adolescence très maladroite (et, soyons honnêtes, assez pauvre niveau séduction) mais qui paradoxalement n'était pas désagréable du tout. Je me levais le matin, content d'aller en cours, car je savais que j'allais y revoir la personne qui comptait pour moi et que j'allais de nouveau tourner autour du pot comme une grosse loque. Ah, ces moments dont je me souviendrai toute ma vie, un voyage au ski où la fille se mettait à côté de moi et où nos vêtements se frôlaient. Et les parties de carte sous une doudoune. Le tarot devenait sensuel. Rien de concret, mais tellement de rêves, tellement de bons souvenirs.

Quand je compare avec maintenant, je trouve que j'ai perdu l'enchantement, qu'on a tous perdu une part d'innocence. Quand on rencontre une fille, on sait au bout d'à peu près cinq minutes si elle est intéressée ou non, et c'est la même chose de son côté. Il n'y a plus de surprise, plus de timidité, plus d'angoisse, plus d'attente. C'est trop rapidement binaire, on a trop vite la réponse, on n'a plus de nuits agitées à se demander comment interpréter telle ou telle parole.

En mûrissant, on comprend les règles du jeu de la séduction. Et quand on connaît les règles d'un jeu, il perd toute sa saveur.

Vague à l'âme, ce soir. Désolé, désolé...

 

 

28 août 2008

Rediffusion 7 - Theorie du Blackjack

05 mars 2006

L'amour à la roulette

Aujourd’hui, une nouvelle leçon de vie pondue par Grenouille™. Grenouille ™, les seuls conseils solubles dans le café du matin avec toutes les conneries de la veille et la gueule de bois du samedi soir.

 

Je vous avais promis une théorie foireuse, et vous allez l’avoir. Mais je suis particulièrement fier de celle-ci, parce que je n’ai encore jamais vu d’exception à cette vision de la vie. Vous allez pouvoir me dire ce que vous en pensez, mais je vous préviens, si ça n’est pas un compliment, ça sera impitoyablement censuré ! Ah ça mais.

Bon, en fait c’est pas vrai, mais je serai très triste. Et vous ne voudriez quand même pas me voir pleurer, hein ?

Après ce petit préambule, je commence.

 

Vous avez entendu parler d’un jeu de cartes qu’on appelle le blackjack ? Mais si, un jeu qui se joue assez fréquemment dans les casinos, avec une banque ? Non ? Ca ne vous dit rien (ceux qui disent oui, dans le fond, je les ai remarqués et je ferai gaffe avant de leur proposer un poker) ?

 

Pour les ignares, voici en quelques mots les règles.

 

Vous commencez le jeu avec deux cartes, et vous pouvez choisir d’en piocher plus, une par une. Chaque carte a sa valeur faciale (un 6 vaut 6 points), une figure vaut 10, un as vaut 11 ou 1 au choix.

L’objectif du jeu, c’est de se rapprocher le plus possible de 21 sans jamais dépasser ce chiffre. Si jamais vous le dépassez, vous avez perdu. Si vous obtenez 21 pile, c’est un blackjack. Sinon, c’est la personne qui est la plus proche qui gagne.

 

Vous avez compris les règles ? C’est pas super compliqué, hein. Bon, ben maintenant, il ne reste plus qu’à vous expliquer pourquoi je viens de vous gonfler pendant 10 minutes avec ces histoires de jeu de cartes. Surtout que, comme chacun le sait, les casinos sont les portes de l’enfer et aucun être sain d’esprit ne saurait s’y engouffrer sans avoir au préalable béni sa gourmette et reçu la Sainte Onction des mains d’un prêtre assermenté.

 

La raison est simple : depuis l’avènement d’une certaine ‘consommation’ en amour (que les sites comme Meetic ont encore amplifié), l’amour et le couple deviennent comme le blackjack.

 

On regarde sa main, et on se demande si on doit rester là, avec la personne avec laquelle on est, ou bien si on doit tirer une carte supplémentaire.

 

Quand on n’est pas bien avec la personne, le choix est évident. On passe à autre chose. Mais même quand on est bien, on ne peut s’empêcher d’avoir un doute. On ne peut s’empêcher de se demander si, ailleurs, ça ne pourrait pas être mieux. On est très content de ce qu’on a, hein, mais est-ce que ça ne serait pas aussi formidable, même mieux, avec une autre fille ?

 

C’est tout le danger de ce genre de réflexion. Chacun regarde ses cartes, chacun réfléchit, et se demande si le score qu’il a est suffisant ou si il vaut mieux continuer à jouer.

 

Après, chaque personne est unique et aura un seuil différent. Vous aurez des gens qui seront très contents avec 12 ou 13 et ne chercheront jamais à essayer d’améliorer leur score. Ils auront peur de perdre ce qu’ils ont construit, et de ne jamais trouver mieux (même si, selon les règles, il n’y a pratiquement aucune chance que ça arrive). Vous aurez une majorité de personnes qui essaieront de se retrouver à 17 ou 18 avant d’abandonner, et de vivre avec bonheur tout en sachant qu’il leur reste éventuellement une marge de progression, mais qu’ils sont déjà suffisamment bien pour ne pas tout gâcher. Et puis vous avez les perfectionnistes, qui même à 20 vont essayer de tirer quand même une dernière carte, de tomber sur un as, de découvrir la femme parfaite pour eux, de vivre l’amour véritable des contes de fées dans une orgie de tendresse, de sexe et d’admiration.

 

Seulement parmi tous ces gens qui rêvent de mieux, toutes ces personnes qui se demandent si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, vous allez en avoir beaucoup qui vont dépasser les 21 – et ne retrouveront jamais rien d’aussi formidable que ce qu’ils ont vécu avant.

 Hum. Voilà voilà. C’était donc la théorie du blackjack, la classe nan ?

27 août 2008

Rediffusion 6 - Extension du domaine de l'anus

22 février 2006

Extension du domaine de l'anus

 

 

Bon, comme on m'a reproché d'être trop didactique dans le sujet précédent, on va désormais explorer les tréfonds de la dépravation et retranscrire pour votre plaisir ce que pourrait être votre première expérience anale.

En tout cas, moi, c'est comme ça que ça s'est passé, dans la droite ligne des plans foireux que j'ai déjà pu vous raconter.

 

- Bon, alors comment on fait ?
- Déjà faut du lubrifiant, t'en as ?
- Ah ouais, ouais, le truc qu'ils donnent avec les préservatifs de la mairie, là
- Ouais mais c'est du lubrifiant à l'eau ou pas ?
- Tu me poses de ces questions, toi, c'est marqué "lubrifiant" dessus, mais bon ils se doutent bien de l'utilisation qu'on va en faire, non ?
- Ben ouais mais si le préservatif craque ?
- Tu risques pas d'être enceinte, hein...
- Non c'est pas ça mais pour les maladies ?
- ... ouais ok, bon alors je lis la notice... putain ya pas de notice.
- En même temps c'est la mairie, ils vont pas mettre un truc incompatible
- Surtout vu qui il y a à la mairie, ils ont l'habitude
- Haha
- Hehe
- Bon, blague à part, on y va
- Attends, attends, ça s'utilise comment le lubrifiant ?
- Gné ?
- Je veux dire, je l'étale comment ?
- Avec les mains, abruti
- Non mais... sur le sexe, sur le cul, sur les deux ?
- Hola, tu te poses trop de question, fous-en partout, on verra bien
- Chais pas, je demande, j'ai jamais utilisé de lubrifiant moi
- Remarque moi non plus. Mais je te dis, mets-en partout
- Mouais, t'as vu la minidose qu'ils nous ont foutu ? J'en prends trois d'un coup, tiens
- Vas-y, vas-y, dépêche-toi, je commence à avoir froid
- Ho, c'est toi qui avais balancé les couvertures, hein
- Ouais mais ça c'était avant, quand on baisait. Là je me pèle les tétons
- Ok, ok, bouge pas, j'étale. Putain c'est froid leur connerie
- T'as un préservatif, tu le ressens pas, le froid
- Tu déconnes ? Ca traverse la capote, ce froid
- Chochotte !
- Ah ouais ? Ben c'est à ton tour, tiens !
- Comment ça à mon... aaack !
- Ah ben ouais, là c'est les muqueuses directes
- Putain c'est froid leur connerie !
- C'est ce que je disais, remarque
- En même temps t'as toujours raison
- Content que tu t'en rendes compte. Bon donc maintenant on baise ?
- Ouais, mais vas-y doucement d'abord, hein
- ...
- ...
- Bon désolé, ok je débande, mais en même temps c'est super froid leur connerie
- Tu veux que je te donne un coup de main ?
- T'es gentille mais je te sens moyen excitée sur le cornet miko là. Attends quelques secondes, ça va revenir
- Putain, le surhomme, sans les mains !
- Ca va, ça va... bon, c'est ok là. Mais ça reste froid
- Avoue, t'as pensé à quoi pour rebander aussi vite ?
- A rien
- Nan mais nan, tu t'es imaginé un fantasme quelconque pour revenir comme ça, je connais tes techniques pour périodes réfractaires
- Mais attends, je me prépare pour une sodomie, niveau fantasme c'est déjà pas mal quand même non ?
- Ouais, ouais, je me méfie
- Bon, on y va ?
- Ok, go ! Mais douuuuuucement.
- ...
- ...
- Ca rentre pas
- Forcément, tu pousses pas
- Forcément, tu serres les fesses
- Bah pousse
- Mais j'veux pas te faire mal, moi
- On s'en fout, putain, vas-y !
- Ok, ok, si c'est toi qui demande
- AIIIIIIIE !
- Je te l'avais dit
- Ouais mais je t'avais pas demandé de tout rentrer d'un coup comme ça !
- Tu déconnes, ya que le début
- Quoi ? Attends c'est trop bizarre comme impression
- Agréable ?
- Attends que je trouve une comparaison... t'as déjà été constipé ?
- Hola, si tu veux que je débande, continue comme ça
- Bah maintenant que tu en parles, ça serait peut-être moins douloureux
- Je fais quoi alors, je continue ou j'arrête ?
- Ya beaucoup qu'est rentré, là ?
- Euh... chais pas, la tête quoi.
- Bon, c'est le plus gros, donc
- Je continue alors ?
- Ouais, continue.
- ...
- Mais AIEUUUUH putain !
- Là j'y suis. Marrant, ça a cédé d'un coup
- "Marrant", c'est pas le mot que j'aurais choisi
- C'est excellent comme sensation, ça serre le milieu mais pas le bout
- Bon, moi ça me donne envie de chier
- Mais t'es romantique aujourd'hui, dis donc !
- Quitte à se faire enculer, tu me permets d'être grossière, hein... AIE !
- Ca va ?
- Bordel, qui t'a dit de bouger ?
- Ben je sais pas, tant qu'à être au fond, autant bouger non ?
- Ouais mais bon niveau sensation c'est pas top
- Tu veux que j'arrête ?
- Je préfère, ouais, on réessaiera une autre fois
- Ok
- AIEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUH
- Ah, ça fait mal ?
- Mais évidemment que ça fait mal quand tu te retires d'un coup, abruti
- Je sais pas, je me suis dit qu'on allait faire quand on enlève un sparadrap
- Mais putain...
- Non parce que le sparadrap c'est mieux de l'arracher d'un coup
- C'est tes couilles que je vais arracher, bordel
- Bon, je balance la capote, je nettoie le désastre et on s'en tient au traditionnel ?
- Oui. S'il te plaît. S'il te plaît.

 

 

26 août 2008

Rediffusion 5 - Comment draguer quand on est moche et timide

28 février 2006

Comment draguer quand on est moche et timide

Eh oui, on a tous été un jour cet adolescent balbutiant, les nerfs dans les chaussettes, le coeur dans la gorge et le pouls dans l'anus, qui se trémousse naïvement devant sa cible-potentielle-pour-devenir-la-future-mère-de-ses-enfants-ou-sinon-juste-pour-baiser-si-elle-veut-bien.

  

Regardez-le ! Il est là, dans ses vêtements trop grands, dans son jean trop serré. Il transpire, ses yeux clignent, sa pomme d'adam monte et descend au rythme de ses déglutitions. Elle est belle, cette fille (enfin, elle est pas moche (enfin, elle est pas trop moche (enfin, elle est accessible))) et il s'est décidé à lui proposer une sortie.

sb33413wp.jpg

 

 

 

 

 

Seulement voilà, il est timide. Il a pensé et repensé son scenario d'approche dans le silence de sa chambre, mais tout ce qui paraissait évident quand il faisait ses répétitions devant le miroir semblent soudain tomber complètement à plat. Il n'ose plus. Il se trouble. Il va faire demi-tour.

Ce qui le bouffe, finalement, c'est le refus qu'il va se prendre dans la gueule. Il a une estime de lui très vacillante, et un rateau le conforterait dans son image de loser. Il ne peut pas se permettre ça, pas maintenant, pas encore. Il imagine déjà la scène:

 

 

"B...b... bonjour" qu'il dirait, en balbutiant évidemment. "Tu veux... tu veux prendre un..." Il ferait une pause pour rassembler ses pensées. Puis tout sortirait d'un coup. "Un verre ? Tu veux prendre un verre avec moi après les cours au bar du coin ? C'est moi qui paie !"

 

 

Oui, parce que le "c'est moi qui paie" est un argument souverain chez le pauvre adolescent.

 

 

Et là, la sanction tomberait, impitoyable. La fille le fixerait de ses yeux sombres de rapace en rut et cracherait "non désolée j'ai piscine".

 

 

Paf. L'orgueil démoli, la souffrance à fleur de peau, l'ado court se jeter d'un pont et s'écrase la gueule sur le bitume trente mètres plus bas. Il y a du sang partout, c'est dégueulasse, les gens qui se suicident ne pensent jamais à quel point ils risquent d'éclabousser les passants. C'est égoïste, un suicidaire. Pensez aux notes de teinturier des pauvres badauds !

 

 

Mais, n'en déplaise aux différentes entreprises de pressing, nous pouvons empêcher ce massacre. Oui, nous le pouvons ! Car ici et maintenant, ô public en délire, je vais te livrer la recette du secret anti-timidité. Le FBI, la CIA et les RG ont cherché à l'extorquer, mais aucun n'est parvenu à ses fins. Il ne reste qu'à espérer qu'ils ne connaissent pas l'adresse de ce blog. Oh, et comme cette méthode a dix ans, j'ai l"antériorité sur tout boulet qui l'aurait reprise, par exemple dans Mars & Venus ou autre connerie du genre. Ah, ça mais !

 

 

Voilà donc la stratégie. Au lieu de proposer quelque chose directement à la fille - auquel cas tout dépendra de sa réponse - on propose quelque chose d'anonyme dans lequel elle s'intégrera.

 

 

Vous ne comprenez pas ? C'est normal, je m'exprime comme une merde. Pour illustrer, je vais prendre un exemple

 

 

"Tu veux voir un film demain avec moi ?" ---> Mauvais
"Je vais voir Tirliponpon sur le chihuahua demain, ça te dirait de m'accompagner ?" --> Bon

 

 

Quelle est la différence ? Ah, c'est très subtil, mais pourtant c'est un monde pour le timide. Dans le premier cas, s'il se fait jeter, il n'a plus qu'à partir la queue basse et la libido à zéro en sachant qu'il vient de se griller. Car c'est la fille l'élément essentiel.

 

 

 Dans le second cas, il peut simplement hausser les épaules en disant "ok, je te raconterai". Il retentera sa chance une autre fois. Car c'est le flim l'élément essentiel.

 

 

Sans compter qu'il informe la fille qu'il a une vie sociale aussi, non mais sans dec, et que c'est pas parce qu'il est boutonneux qu'il ne va pas au ciné.

 

 

Eh ouais, c'est une protection magnifique !

 

 

Prenons quelques autres exemples pour voir que ça s'adapte à toutes situations:

 

 

"Tu veux prendre un verre ?" --> Non
"Je passe découvrir un bar sympa demain près d'Odéon, ça te dit de m'accompagner ?" --> Oui

 

 

"Tu veux faire du roller avec moi ?" ---> Mauvais
"Je vais me faire une petite balade en roller ce week-end, tu serais tentée de venir ?" --> Bon

 

 

Attention cependant aux limites du système. Evitez de dire "j'aimerais tirer mon coup ce soir, tu veux participer ?"

 

 

Et voilà, je vous ai légué ma science de l'époque où j'étais timide et bredouillant. Faites-en bon usage, c'est un héritage ancestral qui vaut de l'or !

 

 

25 août 2008

Rediffusion 4 - Nouvelle érotique

25 janvier 2006

Nouvelle érotique ! Partie 1

Gloups.

Bon, vous allez m’en vouloir, mais il est 16h et il faut que je file à 17h (entretien d’embauche très important, tout ça tout ça). Donc du coup, je risque :

 

1)      de faire la nouvelle érotique en deux parties

2)      de la bâcler

 

Mais comme je vous sais énergiques et motivés, je commence quand même. J’en profite d’ailleurs pour faire d’une pierre deux coups et répondre au pari qui m’a été imposé sur ce site. Donc voilà, ce sera une nouvelle érotique avec une fille moche, tant pis pour vous. Heureusement que sa copine vaut quelque chose. Mais n’anticipons pas.

Les règles du jeu sont là: http://majoma.over-blog.com/article-1565058.html

 

 

 

 

Marianne avait tout pour être belle. De grands yeux liquides d’un magnifique bleu nuit, un nez en trompette constellé de taches de rousseur, des boucles brunes cascadant sur ses épaules, des larges seins, des hanches fines, des fesses fermes.

Oui, prises séparément, chaque partie de son corps pouvait attirer les regards et faire ralentir les hommes dans la rue. Malheureusement, le tout n’était pas aussi harmonieux.

C’était comme si la nature s’était vengée d’avoir créé d’aussi belles choses, et avait décidé de les assembler sans rime ni raison. Les yeux étaient légèrement décalés, et ils louchaient. Le nez un peu trop bas, les lèvres trop minces, le menton trop volontaire. Ses cheveux filasses lui demandaient des heures d’entretien pour donner l’illusion d’un volume qui ne trompait personne. Et son corps souffrait du manque d’exercice et de trop d’heures passées derrière les livres. Elle accusait ses trente ans bien plus mal que ses amies.

Marianne était laide, et elle le savait. Jusque là, ça ne l’avait d’ailleurs jamais dérangée. Oh, bien sûr, les hommes pouvaient avoir plein de qualités. Mais ils venaient également avec leur cortège de défauts. Ils  paradaient dans l’appartement en slip, ils fumaient,  ils ne rabaissaient jamais la cuvette des toilettes et surtout, ils dérangeaient TOUT. Marianne était une maniaque du rangement et, chez elle, les livres étaient aussi bien classés qu’à la bibliothèque. Par auteur, par date, par collection, selon ses humeurs. Elle aimait à passer des soirées entières à imaginer un nouveau classement et à le mettre en pratique. La Pléiade d’un côté, les livres de poche d’un autre. Flammarion à côté de Gallimard. Ou plus bas. Ou plus haut.

Elle n’était pas ignorante des choses de l’amour, pourtant. Elle s’était même fait dépuceler assez jeune, à l’arrière d’une voiture. Elle gardait le souvenir d’un jet chaud, gluant et brûlant, qui contrastait étrangement avec les histoires romantiques qu’elle lisait à l’époque. Elle n’avait pas renouvelé l’expérience. De toute manière, le sexe et elle faisaient deux. Pas comme Lucie.

Ah, Lucie.

Marianne ne comprenait toujours pas ce que sa meilleure amie trouvait en elle. Lucie était son contraire absolu ! Souriante, joyeuse, vive, énergique, délurée – et belle, tellement belle ! Elle pouvait avoir l’homme qu’elle souhaitait d’un simple clignement de paupières mais ne se servait jamais de son pouvoir. Lucie qui…

 

Perdue dans ses pensées, Marianne n’entendit pas les coups frappés à la porte. Il fallut que le bruit grêle de la sonnette vienne envahir son appartement pour qu’elle sursaute et se décide enfin à répondre.

« Ah, quand même, je me demandais si je ne m’étais pas trompé de jour ! » fit Paul en souriant, bousculant légèrement Marianne pour rentrer.

La jeune femme ne put s’empêcher de sourire. Paul avait tous les défauts des hommes qu’elle s’était cité juste avant : maladroit, désordonné, exaspérant parfois. Mais il n’avait que quinze ans et cela lui donnait des excuses. De plus, il avait au moins autant de taches de rousseur qu’elle, ce qui leur donnait un point commun. Elle s’était très vite attachée à lui en le voyant travailler dans la cour de l’immeuble, et lui offrait désormais des leçons de français et de mathématiques. Parfois, un effort de volonté immense lui permettait même de lui prêter un livre, qu’il ramenait toujours en bon état. Il prenait soin des couvertures, ce qui était un bon point. Il fallait dire qu’il avait des mains douces. Machinalement, Marianne se demanda ce que donnerait le contact de ses mains sur son corps. Puis elle se reprit et rougit vaguement.

« Où sont tes manuels ? » demanda-t-elle pour cacher son trouble. Elle s’assit à la table de la cuisine et lui laissa la seconde chaise. « Tu les as encore oubliés ? Décidément, tu es incorrigible ! Comment veux-tu que je corrige ton… » Elle s’interrompit en voyant le garçon baisser les yeux, visiblement gêné.« Qu’est-ce qu’il y a ? »

Paul resta un instant dans cette position, refusant de croiser son regard. Puis il prit une grande inspiration.

« Je suis amoureux d’une fille mais je ne sais pas comment je peux faire pour lui faire du plaisir au lit parce que c’est la première fois et j’ai peur de ne pas assurer et elle va se moquer de moi et j’ai peur que ça fasse mal à moi et surtout à elle et je n’ai pas envie de la décevoir ni de lui faire mal parce qu’elle est gentille et que je l’aime » haleta-t-il d’une seule voix.

Le silence retomba. Il n’osait toujours pas croiser le regard de Marianne.

La jeune femme était sans voix. Paul, son petit Paul, était donc un être sexué ? Le garçon était-il déjà tellement grand, tellement proche d’être un homme ? Et pourtant, ces craintes, ses craintes… il n’y avait rien de machiste en lui, juste de l’angoisse, de la peur, le désir de rendre sa partenaire heureuse. Si seulement tous étaient comme lui…

« Il ne faut pas t’angoisser pour ça » sourit-elle finalement. « Si tu l’aimes et qu’elle t’aime, ça se passera bien de toute façon, même si c’est sa première fois et que… »

« Ah non, elle ce n’est pas sa première fois, elle l’a déjà fait plein de fois, c’est justement pour ça que je voudrais avoir des conseils, pour pas être trop nul je veux dire. » Il hésita. « Je ne sais pas comment ça marche, une fille. J’aime pas les films de cul, je trouve ça trop nul, et puis je suis sûr que c’est pas comme ça en vrai. Alors comment il faut faire ? » Il leva enfin les yeux. « Tu es une fille, toi. Enfin, tu étais une fille. Comment ça marchait ? »

Marianne ferma les yeux. La discussion lui échappait, tout cela était tellement compliqué ! Elle se rappelait ses années lycée, les déceptions, les soirées foirées, toute cette adolescence qu’elle avait laissé derrière elle.

« Eh bien…. » commença-t-elle. Elle s’interrompit, chercha ses mots. « Eh bien, je ne vois pas comment je peux te donner des conseils. Chaque fille est différente, tu sais, et… »

« Oui mais il y a quand même des choses générales, non ? Je veux dire, les seins, comment on fait ? On les caresse ? On les embrasse ? On les mordille ? Dans les films, ils les tirent dans tous les sens ! » interrompit Paul.

Marianne secoua la tête.

« Ne crois pas ce que tu vois dans les films, Paul. Si tu veux vraiment leur faire plaisir, il faut que tu sois doux. »

« Mais comment ? » gémit le garçon de nouveau.

Presque inconsciemment, la main de Marianne s’était portée à sa poitrine.

« Il faut que ton toucher soit ferme, mais doux à la fois » murmura-t-elle. « Il faut que tu caresses lentement le sein, doucement, comme si c’était la chose la plus importante au monde. Commence par un seul, ne t’occupe pas des deux, soupèse-le. »

Joignant le geste à la parole, sans se rendre compte de ce qu’elle faisait, elle passa ses ongles sur ses seins, une légère caresse qui l’électrisa à travers son bustier.

« Laisse glisser tes doigts sur toute la longueur, doucement, reviens. Caresse le mamelon, mais doucement, encore une fois, comme si c’était une erreur. Continue tes caresses, toujours doucement. Penche-toi vers eux. »

Elle glissa la main contre son sein gauche. L’excitation montait en elle et sa respiration s’accéléra. « Approche-toi pour les embrasser, mais ne le fais pas tout de suite. Continue à les caresser, laisse-les sentir ton souffle sur eux, dangereusement près mais encore loin. Et ne concentre pas tes caresses uniquement sur les seins. On a un corps, tu sais. Descends ta main le long de notre flanc, mais reste quand même sur notre poitrine. Je sais, c’est compliqué… mais c’est tellement bon »

Elle mimait ce qu’elle décrivait. Ses yeux brillaient. « Maintenant, tu peux descendre totalement la bouche. Mais continue à utiliser tes mains, ce sont elles qui vont grandir le plaisir que tu vas nous donner. Passe ta main plusieurs fois sur la pointe du sein pour l’exciter, pas besoin de le pincer, juste passer la main, une fois, deux fois. Oui, comme ça, très bien comme ça. »

Marianne sentait ses tétons sortir de leur léthargie. Cela faisait si longtemps qu’elle avait ressenti cette sensation. Les pointes râpaient contre la fabrique du tissu, tendant son bustier en avant. Elle n’avait pas de soutien-gorge, n’en avait jamais eu besoin. « Embrasse le sein, lèche-le, avant de l’aspirer. Mais doucement, encore une fois. Ne tête pas, ouvre ta bouche entièrement, laisse-moi sentir ton souffle brûlant sur mes seins, tes baisers, tes lèvres qui se referment lentement, tes mains qui continuent leur progression et qui…. »

Elle rouvrit les yeux, la poitrine haletante, les sens en feu, pour voir Paul en face d’elle, bouche ouverte comme un poisson hors de l’eau. Marianne sentit le rouge lui envahir les joues alors que son monde s’effondrait autour d’elle. Que venait-elle de faire ? Pourquoi avait-elle….

Puis Paul avança sa main.