« 2008-04 | Page d'accueil | 2008-06 »

30 mai 2008

I'll be there for you (when the rain starts to pour)

(Ceci est un article mièvre, préparez-vous psychologiquement).

J'ai des amis formidables. Si. Et pas seulement parce qu'ils m'ont demandé d'écrire un article en leur honneur, ce serait mesquin. Mais parce qu'ils sont formidables. Et amis.

Ca fait un mois que j'ai signé mon appartement, deux semaines que je ne prenais pas les choses en main, et là, depuis quinze jours, ils se sont tous motivés. Et quand je dis tous...

- Merci à Gauthier pour avoir profité de son chômage actuel et sacrifié son sacro-saint repos pour venir faire la tapisserie chez moi, même quand je n'étais pas là. Merci de s'être levé à 9h un samedi, je sais que c'est aussi peu naturel pour toi que pour moi. Merci pour les idées déco et les raccords de poutre avec son mètre 95.

- Merci à Gajal pour être venu qu'il neige, qu'il vente, qu'il soit à Chartres, pour avoir posé 90% du parquet avec moi, pour avoir trouvé des cartons pour mon déménagement. Ah, et pour avoir fait taxi pour les autres à ma place ^^

- Merci à 7h48 pour son soutien indéfectible, son ardeur énergique au ménage, ses techniques de peinture élaborées-sur-porte et ses motivations du Gaugau pour venir quand je bossais - et merci pour l'idée de la plaque de tôle, promis, j'y réfléchis.

- Merci à Monsieur F pour ses nombreuses interventions malgré son dos explosé, pour son analyse de l'électricite de l'appart ("c'est d'la merde !"), pour ses tentatives avec les interrupteurs, pour son aide avec le parquet, pour ses coups de marteau brutaux et pour ses idées à la McGyver.

- Merci à Mme Monsieur F pour ses nombreux coups de main, son nettoyage efficace, son aide précieuse pour tenir les planches à découper, son insistance pour que je prenne une femme de ménage et sa venue en pleine semaine pour tenir compagnie.

- Merci à Cham qui est pas mal occupée par ses histoires de coeur (de cul ?) en ce moment mais qui a tout de même été la première à venir m'aider pour peindre les plinthes, le premier jour des travaux, respect.

- Merci à Titounne et son mâle d'avoir proposé d'aider pour le déménagement de dimanche, ça devrait se passer rapidement mais c'est toujours plus agréable quand on est en masse.


J'ai quand même des putains d'amis - et j'ai ENFIN UN APPART FONCTIONNEL !!!
 

29 mai 2008

Grande littérature messine

Ouais.

Je suis en gare de Metz.

Je m'emmerde.

Deux heures d'attente pour mon train.

Donc voilà, vous ne l'avez pas demandé, vous vous en foutiez, mais comme j'avais du temps à passer, je vous ai pondu de nouveau une tentative littéraire.

En espérant que ça vous plaise (sinon je vous chatouille les doigts de pied jusqu'à la 4e génération - ou plus prosaïquement j'ignore votre avis avec superbe et modestie).




Lorsque j’ouvre les yeux pour me découvrir affalé dans une poubelle crasseuse du 15e arrondissement, une douleur sourde au niveau des tempes, un goût métallique sur les lèvres, l’impression d’avoir les os brisés, je me dis que quelque chose ne tourne pas rond.


Bien sûr, ce n’est pas la première fois que je bois un peu trop et que je termine dans un coin à repeindre lamentablement la chaussée. Je ne compte pas les soirées qui m’ont vu revenir en taxi, 2g d’alcool dans chaque bras, à comater sur la banquette arrière jusqu’à ce qu’on m’en sorte de force.

Mais les poubelles, c’est une première, bravo l’artiste. Au vu de la souffrance que je ressens dans tous mes membres, j’espère que ce sera également une dernière. 

Je m’extirpe péniblement de l’amas de déchets pour tenter de me tenir debout et d’épousseter mon costume. Une pelure de pomme colle à une de mes manches, je l’enlève en soupirant. Il y a également un morceau de journal à moitié incrusté sur ma joue, et...

Du sang ?


Je fixe sans comprendre les quelques tâches ocres sur ma veste gris clair, et la traînée rougeâtre le long de ma chemise. Soudain inquiet, je porte ma main à ma tête – elle redescend poisseuse.


Je me suis blessé ? Mais…


Tout me revient alors, avec la clarté aveuglante de la lumière de l’aube un lendemain de cuite.


Le bar miteux pas loin d’ici. Les discussions avec les amis, les quelques shots de vodkas enfilés avec la force de l’habitude. La bise au patron avant de partir, je le connais bien, ça devient un père pour moi.


Et puis ces deux gars qui m’attrapent à la sortie, une tête de plus que moi, deux fois mes épaules. Et je ne suis pas un gringalet. Ils me demandent poliment du feu, je ne me méfie pas, je fouille mes poches à la recherche d’un briquet.


C’est là qu’ils commencent à me frapper. Lentement, méthodiquement, professionnellement.  Je me souviens avec satisfaction du coup de pied que j’ai réussi à donner à l’un d’entre eux, en plein dans les valseuses, et du grognement sourd que cela a provoqué. Mais ensuite, un coup en plein visage, et le trou noir.


Avec les souvenirs reviennent la douleur. Je passe ma langue sur mes dents pour vérifier qu’aucune n’est déchaussée. De nouveau ce goût métallique – j’ai du sang dans la bouche. Je crache par terre et ma salive ressort pourpre. Saloperie.


Lorsqu’on sort en boîte tous les soirs, qu’on rentre seul la plupart du temps, ce sont des choses qui arrivent. Je suis toujours passé à côté des gouttes jusqu’à maintenant, il fallait bien que ma chance tourne. Simplement, j’ai toujours pensé que je pourrais discuter avant, et que mes relations et ma gouaille me permettraient de m’en sortir sans douleur. Mais ces mecs-là ne m’ont même pas laissé ouvrir la bouche avant de me tabasser. Il n’y a plus de politesse, même chez les braqueurs.


Et maintenant, il va me falloir trouver un commissariat pour faire une déclaration d’agression et de vol. Un dimanche foutu en l’air, c’est presque plus désagréable que la perte de mon portefeuille.


Un regard machinal vers ma montre. 5h du matin.


Un second regard. Ils ne l’ont pas volée ? C’est pourtant une Armani. N’importe quelle petite frappe s’en emparerait sans hésiter. Pris d’un doute subit, je fouille mes poches.


Mon portefeuille est là, à sa place, et mon argent avec Plus de quatre cent euros en billets de cinquante et de vingt, ce que j’avais prévu pour continuer la nuit dans ces boîtes où la bouteille vous coûte un bras. Ces enflures ne m’ont rien volé, elles ne m’ont même pas fouillé.


Je me redresse, je m’étire. Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?


De la violence gratuite ? Possible, mais des petits cons en mal de sensation m’auraient quand même dépouillé, tant qu’à faire.


Alors quoi ? Un message ? Je fronce les sourcils. A une époque, ça aurait pu être la marque de fabrique d’un gars jaloux qui aurait appris que sa copine couchait avec moi. A force de rendre cocu le tout-Paris, on doit s’attendre à des retours de bâton.


Mais non, là encore, l’hypothèse ne tient pas. Ca doit bien faire six mois que je suis rangé, en couple, heureux, fidèle. Je ne regarde même plus les filles des bars – et je n’offre plus de verres, ça a clairement amélioré l’état de mes finances. Je veux bien que la vengeance soit un plat qui se mange froid, mais après six mois ça commencerait quand même à manquer de finesse. Et si c’était une vengeance, j’aurais eu droit à un message. « Touche encore à ma copine et je te coupe la bite », ce genre de joyeusetés.


Là, rien.


Et ces gars étaient clairement des pros.


Il n’y a donc qu’une seule explication logique : tout ça a un rapport avec mon couple actuel.


Je le savais. Je le savais. Dès que je l’ai vue, je le savais.


Dans quelle merde est-ce que je me suis encore fourré ?







28 mai 2008

Ceci n'est pas un article

Je préfère prévenir, des fois que.

Non, simplement une rapide dédicace à l'encontre des parisiens qui hier* ont dû braver comme moi le périph à 1H du matin sous une pluie torrentielle, avec les éclairs qui striaient le ciel sans discontinuer et le tonnerre qui grondait jusque dans l'habitacle de la voiture.

Le periph sans visibilité et dans 15cm de flotte, c'est une expérience à vivre (ou pas).

Voilà voilà, ceci était tout à fait passionnant. Du coup j'en profite pour vous caser deux videos que vous connaissez certainement tous depuis longtemps, mais pour lesquelles j'ai besoin de votre aide.

Eh ouais. Si quelqu'un arrive à trouver une version (video ou audio) sans les "bip" de censure, je le prends en levrette pour le remercier (ah ben trois semaines, hein).

Hum.













* Techniquement aujourd'hui, certes

26 mai 2008

Nancy ? Mais nan, mais si

Ceci était donc officiellement le titre le plus nul de tout ce blog. J'aimerais me pendre avec un câble noos en guise d'acte de contrition, mais j'ai dû tout utiliser pour le nouvel appart, donc on se passera de mandragore pour le moment.

Toujours est-il que je me rends compte qu'il y a quand même eu pas mal de censure ces derniers temps, et que ce blog en a quand même souffert. Parce que mine de rien, à une époque, ça parlait de cul, de relations amoureuses, de coups de coeur, de stupre, de luxure et de couilles qui bougent. Alors que maintenant, c'est eurovision et travaux de peinture.

On va donc reprendre les choses en main et raconter une escapade nancéenne dans le cadre du boulot. Parce que ça n'est pas très sympa de vous teaser voici quelques jours avec cette ville provinciale au charme discret et bourgeois (un peu comme Strasbourg et Metz, quoi).

Autant vous prévenir tout de suite et vous ôter le suspense, il n'y a pas eu de sexe sauvage contre les dorures de la place Stanislas (celle que tout le monde doit connaitre dans le monde entier, il paraît, parce que c'est un peu les champs élysées du coin, mais en mieux parce qu'il n'y a pas de touristes japonais). En même temps, si vous avez un peu suivi ce blog, vous savez que je suis abstinent depuis trois semaines et tout cela n'est pas une surprise. Ou alors je vous ai menti, mais ce n'est pas le genre de la maison.

Professionnel jusqu'au bout du prépuce, je suis.

Je n'ai donc point copulé, MAIS j'ai rencontré une lectrice dans les tréfonds de cette ville moyen-âgeuse (j'en frissonne encore). Si j'avais su en ouvrant ce blog que ça me permettait de voyager de manière sympa dans toutes les villes de France, j'aurais souscrit à un abonnement fréquence. C'est quand même pratique.

Pour des besoins de fluidité du texte, nous appellerons cette lectrice Psy, parce que d'une part elle est en passe de l'être, d'autre part c'est sympa comme nom, ça fait penser à la télépathie, la télékinésie et tous ces trucs qu'on aimerait savoir faire au lieu de retaper bêtement un appart.

Psy, donc, doit me donner rendez-vous sur Nancy lorsque j'ai terminé mes rendez-vous. L'heure sonne, j'explique où je suis, on cherche sur un plan mappy (car elle ne connait pas sa ville, c'est honteux), elle finit par me donner une direction, c'est pas la bonne, puis une autre, c'est la bonne.

Comme c'est quelqu'un de goût, on se donne rendez-vous devant un magasin Gap, que même Flamèche m'a dit que c'était une marque sympa (message personnel pour Flamèche: le blouson Gap que j'avais acheté sur tes conseils m'a servi à me protéger de la peinture dans mon appart, j'ai bien peur qu'il ne soit irrémédiablement tâché - fin du message personnel).

On finit par se retrouver, elle me reconnaît de vue mais pas moi (mémoire de merde, comme d'hab), bisou-bisou, comment ça va, oh putain tu es toute petite mais t'es gentille quand même, ta gueule connard, non mais c'était pas méchant, ta gueule connard.

Avec la lilliputienne, nous nous dirigeons donc vers un bar à bières nancéen qu'elle connait bien. On notera à ce sujet la curieuse distortion des distances qui fait que "je connais un bar juste à côté" se transforme en "traversons deux fois Nancy de part en part". J'aurais dû me méfier dès le début, quand j'avais vu sa maîtrise des noms de rues et du plan mappy. M'enfin bon, la bière était bonne. Je teste je ne sais pas quoi, elle prend du jus d'orange, c'est con d'avoir des gens qui lisent le blog, ils n'osent plus boire en ma présence.

Le verre fini, c'est direction Quick car je tiens toujours mes promesses d'invitation au restaurant romantique. Puis encore une fois dix kilomètres à pied pour savoir où regarder la nouvelle star, à l'hôtel ou chez elle, oui mais dans un cas je prends la voiture, oui mais dans l'autre c'est plus proche, oui mais demain c'est lever tôt, oui mais merde.

Finalement ce sera donc un appartement même pas en cité U, avec des fées partout dans tous les coins.

Et en fait je n'ai rien à raconter du tout.
Putain, tenir autant de texte sans qu'il ne se soit rien passé, j'espère que vous admirez la performance littéraire.

25 mai 2008

C'est dans les vieilles peaux qu'on fait les meilleures soupes

Bon.

Il est temps que vous sachiez quelque chose, un état de fait lamentable, un moment de solitude intense, une insoutenable légéreté de mon être: j'en suis à près de trois semaines d'abstinence. Ce qui est un peu le drame.

Il faut dire qu'en ce moment, le nez dans la poussière de l'appart, de la peinture, du parquet à poser, je n'ai pas forcément le temps de sortir ni même de voir les gens que je connais depuis longtemps. C'est un peu déprimant de passer des samedis soirs sages en ce moment, mais il le faut si on veut être à pîed d'oeuvre à 9h du matin le dimanche.

(9h du mat un dimanche... mais pourquoi j'ai pas payé des artisans ? Tous les jours, je me pose la question, tous les jours, je me dis que j'ai des amis adorables).

Enfin du coup, le samedi d'il y a deux semaines a été passé avec mes parents. Celui de la semaine dernière était occupé à la lumière des lampes de chantier pour poser la tapisserie, et ma sortie fut sage. Et hier soir, tenez-vous bien, je regardais l'Eurovision.

Ah ben ouais, demander l'aide de tafioles comme Gauthier, ça a son prix, on se retrouve forcés de suivre les tribulations de la France et obligés d'accorder son soutien aux choupi-homos déguisés en anges de l'Azerbaidjan

Bref. Trois week-ends de suite où les conditions d'une rencontre extraordinaire à la lueur de la lune, dans l'ombre pâle et pâlissante de la buée nocturne, ne se réunissaient pas vraiment.

Et voilà que ce dimanche, on frappe à ma porte.

Bon, resituons le contexte, ça faisait trois heures que l'on jouait de la scie sauteuse avec Gajal et 7h48 au début, Monsieur F et sa dulcinée ensuite. Trois heures qu'on posait des lattes de parquet à coups de maillet, trois heures donc qu'on emmerdait tout notre immeuble un dimanche. J'avais collé un mot plein de tendresse mais cela n'excusait rien, donc l'apparition d'un trouble-fête était évidente et justifiée.

Ce qui l'était moins, c'est la manière dont ça s'est déroulé. On tambourine, je vais ouvrir, et je tombe sur une femme d'une quarantaine d'années, fort bien conservée, genre Cecilia Sarkozy sans les bourrelets, les yeux furibonds et les cheveux au vent.

"Putain mais c'est pas fini ce bordel, ça fait des mois que tout le monde refait des appartements dans cet immeuble, on est dimanche, j'ai envie de me reposer, quoi, merde !"

Et là elle nous voit dans nos petits marcels tachés de peinture, avec le jean troué et les cheveux au vent. Et soudain, son discours change du tout au tout. Le ton hautain disparaît, la morgue assumée, la colère vertueuse. Tout d'un coup, elle se met à minauder.

"Ah mais c'est super sympa ici, vous avez fait du pur boulot, je connaissais la précédente locataire, tu t'appelles comment au fait, et tu fais une pendaison de crémaillère ? Ya moyen que je vienne ? Non mais oublie le bruit, hein, c'est pas grave, entre voisins ya moyen de s'entendre. Moi je m'appelle xxx et je suis photographe, bon ok j'ai 40 ans mais j'adore les soirées et m'amuser et franchement tu m'invites, hein ? Et puis si tu veux des conseils décos, je suis une pro" 

Elle se balade dans l'appartement, elle gonfle son décolleté et me pose la main sur le torse une bonne dizaine de fois. Elle explique qu'il y a une soirée d'organisée la semaine prochaine pour la dépendaison d'une de ses amies et que nous sommes évidemment cordialement invités. Elle explique que franchement, une cuisine ouverte c'est vraiment sympa, et regarde, moi je ferais ça comme ça (et vas-y que je te prenne par le bras pour bien tout t'expliquer).

Putain.

Trois semaines d'abstinence et la seule personne qui frappe à ma porte, c'est une femme de 40 ans avec le feu au cul.

On devrait pouvoir faire comme dans les pubs et échanger un baril de 40 ans contre deux barils de 20 ans.

23 mai 2008

Mais dans quel monde vuit-t-on ?

Mardi (oui, je sais, j'ai du retard, mais est-ce vraiment ma faute alors que je vadrouille dans des endroits absolument improbables pendant la semaine, genre Nancy ce mercredi, ah qu'elle est belle la place Stanislas, ah qu'il est beau le quick, fermons la parenthèse).

Mardi, donc, je reprends à zéro histoire de faire une phrase correcte, mardi j'avais rendez-vous dans une école privée ultra-power-prestigieuse, avec son collège et son lycée où il doit falloir payer 10 000€ au moins pour y inscrire son chérubin. Le truc avec lambris et dorures dans chaque salle de classe, et professeur avec badine. La classe internationale, donc.

Je m'annonce au standard, je dois rencontrer la directrice, on me fait patienter dans la salle d'attente qui doit bien faire la taille de l'appart que je suis en train de retaper en ce moment (merci les choupis !). Là encore, des moulures, du parquet, des statues, des tableaux, des fauteuils magnifiques.... et un gamin d'une quinzaine d'années qui attend avec moi.

Le temps passe, le temps passe... puis soudain un prof entre dans la salle avec les parents sur les talons... et le conseil de classe commence devant mes yeux.

"Bon, soyons honnêtes, votre môme, là, il est nul dans tout ce qui est sciences. 4 en maths, 7 en physique, soit il ne travaille pas, soit il a des difficultés"
"Oui mais nous on voudrait qu'il soit ingénieur"
"Ah ben oui mais non, moi je l'oriente en L là vu ses notes".

C'est beau, l'orientation en seconde. Je commence à me sentir mal donc je suggère gentiment que je peux attendre ailleurs.

Et là, le prof: "non non, vous ne nous dérangez pas"
Et là les parents: "non mais c'est pas grave hein"

Et le gamin qui me lance un regard pitoyable, genre "non seulement je me fais assassiner mais en plus ya des témoins".

Alors j'ai regardé le plafond pendant qu'on lui expliquait qu'il était nul, que le sport n'était pas la vie, qu'il allait falloir se secouer les puces, et qu'ici on ne redoublait pas, non monsieur, donc qu'il fallait se prendre en main avec des précepteurs (oui oui, mot utilisé) pour combler ses lacunes.

Et quand la directrice est arrivé, j'ai quitté doucement la pièce et refermé la porte sur ce marmot au visage mouillé de larmes, qui aimerait bien être footballeur, mais n'est pas né dans la bonne famille.

19 mai 2008

Tant va la cruche à droite qu'à la fin elle s'emboutit

Ouais, donc plein de choses à raconter sur ce week-end disais-je.

Et comme je suis un jeune homme sérieux et organisé, on va commencer par le samedi. Demain ça sera le dimanche. Et ensuite je me démerderai pour rattraper subtilement le retard.

Petit Flashback: jeudi matin, Gaugau au téléphone: "ton appart n'est pas mort, on arrive samedi, prépare le coca et la vodka pour le soir".

J'ai des amis que j'aime.

Donc samedi. dans la joie et la négresse, les travaux ont commencé dans mon appartement grâce à l'aide de Gauthier, 7h48, monsieurF et sa dulcinée. Je dis bien commencé parce qu'on avait fait une première tentative avec Cham et Gajal, mais malheureusement aucun de nous ne possédait l'expérience nécessaire pour y arriver (malgré les vaillants efforts Gajaliens pendant que je le regardais avec curiosité).

Là, le côté professionnel change du tout au tout. Ils arrivent, font l'état des lieux, me disent à quel point mon appart est formidable, me disent à quel point mon appart est tout à refaire, et m'envoient au Casto pour récupérer les outils qui leur manquent.

On notera le "bon, 7h, tu vas avec lui, il serait foutu de pas prendre les bons interrupteurs malgré la taille universelle".

J'ai des amis qui m'aiment.

Passage castoramien express (les castos lapons sont-ils hermaphrodites ?), on se perd dix fois dans le magasin, on récupère tout le bordel, 7h découvre plein de trucs nouveaux à prendre ("oh t'as pas de balai ! et du savon de marseille ! et une serpillère ! et des torchons !"), et on arrive dans l'appart blindés comme des cochons.

Retour à l'appart, travaux en cours. Les vrais durs (Gauthier, Fred, sa copine, 7h) s'occupent de la tapisserie et de l'électricité et de la peinture des contours pendant que le faux mou (Grenouille) se tape le plafond.

Eh ben il est très bien, le plafond. Je vous merde.

Mais jusque là on n'avait encore rien fait et en un après-midi, on se retrouve avec:
- le plafond peint
- les radiateurs faits
- les murs nettoyés/lessivés
- les fissures enduites
- les portes dégondées
- la tapisserie posée sur la plus grande partie d'un mur
- une fenêtre décoincée
- des contours et des plinthes peintes

Bref, ça déchire. Comme j'ai fait remarquer à 7h48 et Gauthier, je suis un vrai centre de réinsertion sociale, je donne du boulot à une dépressive et un toxico.

Du coup, pour fêter ça, j'ai décidé de les ramener tous chez eux, je les ai pris en voiture, j'ai tourné à droite et je me suis emplafonné un scooter (qui me doublait (par la droite)). L'ado dessus se casse la gueule, saigne du pied à travers ses tongs, mais rien de bien méchant. Par contre grosse trace d'essence sur le sol. On notera la prestation de Monsieur F, 1m95 au garrot, en tablier de chantier, qui lui dit "ah non mais tu remontes pas sur ta bécane, là, tu te démerdes et tu files à l'hôpital te faire des radios, au trot !"

Monsieur F, parfois, il me fait peur.

Comme je n'ai pas de constat sur moi, on décide de se retrouver le lendemain poru le faire, je ramène tout le monde chez soi et je m'effondre comme une loque: lever 8h + plafond + torticolis + adrenaline de l'accident = non, je ne sortirai pas trop ce soir.

Et pourtant, et pourtant je suis sorti ((to be continioud).

18 mai 2008

Teaser qui tease

Ce week-end:
- j'ai Valéridamidonné mon appart avec l'aide d'amis qui sont un peu beaucoup formidables
- je suis allé me perdre en quasi-province pour fêter l'anniversaire de la Souris Blonde et de son mikado géant
- j"ai commencé à ranger mon appart pour clôture définitive
- j'ai renversé un ado en scooter (mais il l'a cherché, le fourbe)

Une de ces informations impliquant un constat, je vous développe tous ces sujets une fois que c'est fait.

17 mai 2008

Vampires est là

Putain, les jeux de mots nuls des titres, faut que j'arrête.

Juste une petite note en retour de soirée - ouais, j'ai fait soft ce soir car demain c'est tapisserie seconde partie, ça va chier - parce que je viens de réaliser que j'avais fait plein de pub autour de la dédicace du recueil d'anthologie mais sans même le citer ni dire ousqu'on peut le trouver.

Donc voilà, maintenant qu'il est sorti dans toutes les FNACs, Virgins et Librairies-Payet-de-la-gare-de-Metz (je le sais, j'ai vérifié), voici les références du petit bijou:


VAMPIRES
Anthologie dirigée par Estelle Valls de Gomis
Editions Glyphe
20€









Il est beau.
Hein qu'il est beau ?
Si, il est beau.



Et puis j'ai récemment reçu mes exemplaires d'auteur, ça m'a permis de lire les histoires des autres. Ben franchement c'est pas mal du tout. Si je voulais m'improviser critique littéraire, je vous suggérerais juste de sauter la première nouvelle du recueil, qui n'a d'intérêt qu'historique (les premiers textes sur les vampires) et risque de vous décourager.

Mais le reste, putain, c'est du tout bon. Et en lisant la nouvelle de Maupassant, j'ai quand même compris le chemin qu'il restait à parcourir avant d'atteindre la renommée. Putain, ce mec est un dieu.

Bref, n'hésitez pas à aller acheter votre exemplaire, si vous passez sur Paris je peux même vous le dédicacer, c'est dire ma dévotion. Et en attendant, bisous sur la fesse gauche à tous, je file me coucher. Demain, ça maroufle.

15 mai 2008

U G L Y You ain't got no alibi

La video, pour ceux qui ne connaissent pas cette chanson mythique:






Bon, pourquoi je vous parle de ça ?

Parce que je ne me suis jamais considéré comme particulièrement beau ni particulièrement moche. Dans la moyenne, quoi. Et que je me suis habitué, durant toute la vie, aux réactions des gens lors du premier regard, cette fameuse première impression, qui peut etre bonne ou mauvaise.

L'exemple classique, c'est la fille qu'on croise dans la rue et à qui on sourit. Bon, ben normalement il y a un sourire en retour. Ca ne mange pas de pain, ça n'engage à rien et globalement ça met de bonne humeur. Et c'est à peu près systématique.

Seulement voilà, ces deux derniers jours, j'avais une rage de dents (eh oui, encore). Mais une vraie, une belle, le truc qui vous déforme complètement le visage en vous gonflant la joue, et qui demande deux-trois jours d'antibiotiques pour revenir à la normale. Quand j'ai croisé mon reflet en me rasant, c'était l'horreur. Vous voyez Quasimodo ? Ben quasi pareil. Une catastrophe. Une excroissance de genre deux fois la taille de l'autre joue. On dirait Jesus après avoir appliqué ses préceptes.

Mais on n'y pense pas, à ça. Donc en allant bosser, en allant chez ma dentiste, en me rendant à l'appart en vélo (quel courage, quelle énergie, quel homme), je souriais comme d'habitude aux filles que je croisais. Et là, le choc.

Pas un seul sourire en retour. A la place, des yeux qui se détournaient furtivement, des haussements de sourcils réprobateurs, des mines renfrognées.

Quoi ? C'est donc ça, la vie des gens défigurés ? C'est là qu'on voit le sens civique de ces filles qu'on dit plus préoccupées de l'esprit que du physique ? Diantre et cornegigouille, mais que diable allais-je faire en cette galère ?

Etre moche, c'est nul.

Toutes les notes